La responsabilité d’entreprise : plus qu’une obligation, un levier de performance

Benoît Gajdos est Senior Partner au sein de Kea & Partner et Directeur Général de CO, cabinet de conseil en stratégie non profit. 

Ingénieur agronome et biologiste, Benoît a débuté son parcours comme chercheur à l’Institut Pasteur. Il a rejoint le monde du conseil en 1990 en intégrant Bossard Consultants. Il a participé à la création de Kea&Partners en 2001 et y développe depuis 2007 la stratégie et l’action RSE. En parallèle de son activité de conseil au sein de Kea, il a contribué à la création de CO, cabinet de conseil non profit dont il est Directeur Général. A ce titre, il accompagne de nombreuses structures de l’Economie Sociale et Solidaire.

Bien plus qu’une simple mise en conformité, la RSE doit contribuer au bien commun pour permettre à l’entreprise de se développer

Face aux grands défis sociétaux et environnementaux, les dirigeants doivent plus que jamais se positionner et faire des choix forts en termes de responsabilité sociale et environnementale pour assurer le futur de leur entreprise.

Mais lorsque l’on parle de RSE, de quoi parle-ton ? Une chose est certaine : la RSE d’aujourd’hui n’est pas la RSE d’hier ni celle de demain. Il existe 3 niveaux de responsabilité d’entreprise, qui  sont  plus ou moins développés au sein des entreprises.

La RSE en tant que mise en conformité atteint une certaine maturité au sein des entreprises

Au niveau de la mise en conformité, l’objectif pour l’entreprise est de réduire ses impacts négatifs sur ses parties prenantes. La conformité est alors une obligation, principalement régie par les contraintes réglementaires nationales ou internationales ainsi que par les normes, labels, initiatives et référentiels. La majorité des entreprises  se sont adaptées aux grandes réglementations – certains vont même au-delà – l’enjeu est alors d’assurer une veille permettant les mises en conformité futures.

La RSE désormais perçue comme le moyen d’assurer la pérennité de l’entreprise

A ce niveau, le but est d’adapter l’activité de l’entreprise aux évolutions environnementales, sociales et sociétales afin de garantir son existence dans le futur par un impact positif sur ses parties prenantes directes.

En effet, l’entreprise fait face à des changements importants, qui sont le fruit de processus d’évolution progressive et résultant principalement de forces externes (l’environnement, les consommateurs, les citoyens, les ONG, les marchés financiers…). Si ces changements sont souvent antagonistes des intérêts économiques court terme de l’entreprise, une part de plus en plus importante des dirigeants a désormais conscience de l’impératif de réaliser ces évolutions car ce sont ces grands chantiers qui assureront in fine l’avenir de l’entreprise.

La RSE de demain, une contribution au bien commun

A ce niveau, il s’agit pour l’entreprise de participer au développement de l’être humain et de lui permettre, compte tenu des évolutions démographiques, environnementales et économiques, de pouvoir vivre le plus harmonieusement possible. Ce niveau est le plus éloigné de son cœur de business et pose des questions inhabituelles, dépassant le plus souvent le cadre de son activité.

Aujourd’hui, seules les entreprises les plus avancées en matière de RSE optent pour cette approche. C’est néanmoins à cela qu’il faut tendre sur le long terme, car les entreprises qui auront cette longueur d’avance auront à terme un large avantage concurrentiel sur leur secteur. La RSE sous cet angle deviendra une véritable barrière à l’entrée pour ses concurrents.

 

En conclusion, pour une entreprise, être acteur de la société, c’est agir sur ces trois niveaux en ayant conscience que ce qui relevait hier du bien commun devient de la pérennité et que ce qui était de la pérennité devient de la conformité.

Par ailleurs, agir pour l’intérêt général, loin d’être incompatible avec le business, procure au contraire un supplément de performance. Ainsi, aux États-Unis, les entreprises ayant augmenté de 10% ou plus leur investissement sociétal ont vu leur croissance progresser de 8,3% en moyenne entre 2013 et 2015, alors que la moyenne pour l’ensemble des autres entreprises a été une décroissance de 2,3% (+2% entre 2012 et 2014)[1].

 

Pour télécharger la version complète, veuillez cliquer ici : La responsabilité d’entreprise par Benoît Gajdos – juillet 2017.

 

[1] « Giving in numbers » – CECP, 2015 et 2016